À la rencontre de Djibril Diop Mambety : retour sur L’Œil de Mambety à MansA

Afin de rendre hommage à Djibril Diop Mambety, Hida Media a convié le public à un parcours culturel et cinématographique sur la série « Histoires des petites gens », du vendredi 30 janvier 2026 au dimanche 1er février 2026, à la Maison des mondes africains – MansA, dans le 10e arrondissement de Paris. Figure majeure du cinéma africain, Djibril Diop Mambety (1945-1998) est un réalisateur sénégalais, rebelle, un véritable marcheur infatigable des marges.

Il aborde le cinéma animé par une seule nécessité : filmer lorsqu’il a quelque chose à dire. Sa vie façonne une oeuvre libre, fulgurante et profondément singulière, où se rencontrent poésie, satire, politique et rêve qui se rejoignent pour éclairer ce qu’il appelait lui-même « la dignité des petites gens ».

Loin d’un hommage stricto sensu, L’oeil de Mambety révèle les sources qui irriguent son cinéma, offrant au public une porte d’entrée vivante et poétique vers son univers. 

La principale étape du parcours se caractérise par une exposition qui ne se veut pas purement monographique, mais plutôt comme une traversée des imaginaires, des influences et des résonances qui nourrissent l’oeuvre de Djibril Diop Mambety, tout en faisant écho à la nouvelle génération.

Elle se présente aussi comme une exposition immersive articulée autour de plusieurs oeuvres d’art et d’objets d’artisanat invitant le public à entrer au coeur même du cinéma de Mambety. Au centre de l’espace, un entretien emblématique que le réalisateur avait accordé aux responsables du Festival Gindou, a été diffusé.

Autour de cet élément central, plusieurs créations contemporaines dialoguent avec son témoignage : une moto customisée qui évoque l’esthétique rebelle du film Touki Bouki (1973) ; un gongoma réalisé par François Gnemmi qui s’inspire de l’univers du film Le Franc (1994) ; une sculpture de ballons qui renvoie à Badou Boy (1970), parmi de nombreuses autres références aux films cultes du réalisateur.

La deuxième partie de l’exposition explore plus profondément la vie quotidienne dakaroise grâce à une installation « l’économie du regard » de l’artiste Marianne Costade, en écho au thème central de l’oeuvre de Mambéty, qui s’attache à représenter la population sénégalaise. 

Le vernissage, a été animé par un DJ Set prolongeant l’atmosphère immersive de l’exposition. Le finissage, quant à lui, a été marqué par une performance artistique où les silhouettes réinterprétaient l’élégance et la liberté des figures « mambétiennes », en s’inspirant particulièrement des films Hyènes, Touki Bouki et Le Franc, grâce à l’intervention de trois marques, AMULETTE, LEG1T et ATéMIT.

En marge de l’exposition, Hida Media a organisé une projection immersive des deux films de la série « Histoires de petites gens », Le Franc et La petite vendeuse de Soleil, au centre Ken Saro-Wiwa.

À l’été 1994, Djibril Diop Mambety se lance dans un projet de trois courts métrages, pour rendre hommage à ceux qu’il appelait tendrement « les petites gens ». À l’origine conçue comme une trilogie, cette oeuvre ne pourra pleinement s’accomplir : seuls deux films verront le jour avant la disparition de Mambety, en 1998.

Le parcours « Histoires des petites gens » a fait converger archives, hommages et créations contemporaines. Il entend ainsi offrir une immersion dans l’esprit du cinéaste sénégalais : un espace où son héritage se mêle à des formes actuelles, tout révélant la puissance intacte de son oeuvre et l’importance de la transmettre aujourd’hui.

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