FESPACO 2025 : Dani Kouyaté sacre l’Étalon d’or de Yennenga. La 29e édition du FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) qui s’est tenue du 22 février au 1ᵉʳ mars 2025, a rendu son verdict, consacrant les talents du continent africain.
L’étalon d’Or
Le réalisateur burkinabé Dani Kouyaté a remporté l’Étalon d’or de Yennenga, la plus prestigieuse distinction du festival. En plus de cet honneur, il s’est vu décerner le Prix du public, remis pour la première fois cette année. Son film, Katanga, la danse des scorpions, une adaptation de la tragédie Macbeth de William Shakespeare transposée dans un contexte africain et tournée en mooré, a séduit le jury par sa profondeur narrative et son ancrage culturel. Ce sacre marque le troisième Étalon d’or pour le Burkina Faso, 28 ans après le dernier remporté par Gaston Kaboré en 1997 avec Buud Yam.
Et c’est sous les applaudissements du public du Palais des Sports de Ouaga 2000 que Dani Kouyaté a récupéré son trophée et rendu hommage au peuple du Burkina Faso :
Je voudrais dédier cet Étalon d’or au vaillant peuple du Burkina Faso et à tous ceux morts sur le champ de bataille pour défendre notre patrie. La lutte est âpre mais la victoire est certaine.
Il a également dédié cette récompense à l’illustre Souleymane Cissé, double lauréat de l’Étalon d’or, président du jury décédé quelques jours avant le début du festival :
Souleymane Cissé a été pour moi un modèle. Il a tracé la voie que j’essaye très humblement de suivre. Alors, Souleymane Cissé n’est pas mort. Il vit dans nos cœurs et nos esprits.

Katanga, la danse des scorpions explore les méandres du pouvoir à travers l’histoire de Katanga, un chef militaire qui, après avoir trahi et assassiné son roi, s’empare du trône et sombre dans une spirale de violence et de paranoïa. Le film a également remporté plusieurs autres distinctions, notamment le Prix du public avec une moyenne de 9,18/10, le Prix Sembène Ousmane de la Fondation Ecobank, le Prix spécial du Fonds de Développement Culturel et Touristique (FDCT), le Prix spécial de l’UEMOA du long-métrage fiction et le Prix de la critique africaine Paulin Soumanou Vieyra.
Un scène riche et prometteuse

L’Étalon d’argent a été attribué au Somali Mo Harawe pour son film Le village aux portes du paradis, une œuvre saluée pour sa richesse artistique et la force de son drame. Quant à l’Étalon de bronze, il a récompensé la réalisatrice zambienne Rungano Nyoni pour Devenir une pintade, un film qui se distingue par sa singularité et sa finesse dans l’exploration des relations humaines.
Parmi les autres distinctions majeures, le documentaire L’Homme-Vertige de la réalisatrice guadeloupéenne Malaury Eloi Paisley a été couronné de l’Étalon d’or de Yennenga dans la catégorie long métrage documentaire. Cette distinction met en lumière l’œuvre poignante de Paisley, qui explore avec profondeur les complexités de l’identité et de la mémoire dans le contexte caribéen.
Le jury du FESPACO a salué L’Homme-Vertige pour sa narration immersive et sa capacité à aborder des thématiques universelles à travers une perspective singulière. Le film offre une réflexion touchante sur la quête de soi et les héritages culturels, invitant les spectateurs à une introspection sur leur propre identité.

Cette récompense au FESPACO 2025 met en lumière la richesse du cinéma documentaire de la diaspora africaine et caribéenne, renforçant les liens culturels entre les continents et célébrant la diversité des voix qui composent le paysage cinématographique africain et afro-descendant.
Le succès de L’Homme-Vertige témoigne de l’engagement des cinéastes à aborder des sujets profonds et personnels, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des dynamiques culturelles et identitaires au sein de la diaspora.
En honorant ce documentaire, le FESPACO réaffirme son rôle de plateforme essentielle pour la promotion et la reconnaissance des talents issus de la diaspora africaine, tout en enrichissant le dialogue interculturel à travers le cinéma.
le film Nails Man du Congolais Sheriya Twana, alias Jason Bolay, a été honoré du Prix Idrissa Ouedraogo de la révélation.
Des prix spéciaux pour récompenser la diversité cinématographique
Le 28 février 2025, la cérémonie des prix spéciaux a mis à l’honneur plusieurs films et cinéastes africains. Ce sont au total 22 prix, offerts par 19 donateurs, qui ont été distribués pour une valeur globale de 97 millions de FCFA.
Parmi les distinctions notables :
- Yikian de Alidou Badini (Burkina Faso) a remporté le Prix Spécial Simportrans International.
- L’homme qui plante les baobabs de Michel K. Zongo (Burkina Faso) a été doublement récompensé, recevant le Prix Spécial IAM Gold Essakane SA et le Prix Spécial WaterAid pour sa sensibilisation aux enjeux climatiques.
- Sita Bella – La Première de Eugénie Etala (Cameroun) a été primé dans la catégorie Gambere Ernest-PGE.
- Katanga ou la danse des scorpions de Dani Kouyaté a également brillé, recevant trois distinctions : le Prix Sembène Ousmane de la Fondation Ecobank, le Prix Spécial du Fonds de Développement Culturel et Touristique et le Prix Spécial UEMOA de long métrage fiction.
- Le Prix de la cohésion sociale du PNUD a été remis à Bienvenue à Kikideni d’Aminata Diallo Glez.
Cette édition, placée sous le thème des identités culturelles en Afrique, a une fois de plus mis en lumière la diversité et la richesse du cinéma africain. Le FESPACO continue d’être un tremplin essentiel pour les cinéastes du continent, en offrant une vitrine unique à leurs talents et en favorisant les échanges entre professionnels du septième art.
Pour le délégué général du Fespaco, les films africains doivent être des catalyseurs de changements, des instruments de dialogue et des vecteurs de solidarité. Il a fini par donner rendez aux festivaliers du 27 février au 6 mars 2027 pour la 30ᵉ édition.








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